Michel R. Tremblay (promotion 1972) - Financier d'exception

02-03-2020

Monsieur Michel R. Tremblay fait ses études secondaires et collégiales au Petit Séminaire de Québec en 1974. Jeune boursier, il développe au fil de ses études une grande empathie ainsi qu’un vif intérêt pour l’économie et les marchés financiers. Doté d’un goût prononcé pour les mathématiques et mu par un fort instinct, il complète un baccalauréat en actuariat à l’Université Laval ainsi qu’une formation professionnelle comme analyste financier agréé (CFA), devenant le premier actuaire CFA au Canada. Enchaînant plusieurs postes importants en gestion de placements, il occupe pendant de nombreuses années le poste de chef de l’exploitation pour la Banque Nationale du Canada. Puis, en 2008, il devient vice-président exécutif et chef des placements pour l’Industrielle Alliance et le demeure jusqu’à sa retraite. Grandement impliqué dans sa communauté, monsieur Tremblay siège sur plusieurs conseils d’administration, dont pendant plus de dix ans, celui de la Fondation de l’Université Laval pour lequel agit comme président pendant la dernière grande campagne de financement. Lauréat du Ruban d’Or 2020 – Hommage à la carrière, M. Tremblay nous livre aujourd’hui quelques points de vue et anecdotes sur son parcours.


Monsieur Tremblay, parlez-nous un peu de vous.
Je suis né à Québec en 1955, au sein d’une famille de trois enfants. Je suis l’enfant du milieu, placé entre un grand frère et une petite sœur. Je viens d’une famille aux valeurs profondes, mais peu fortunée et c’est grâce à une aide financière du Séminaire de Québec que j’accède au Petit Séminaire de Québec en 5e secondaire. J’y poursuis ma dernière année du secondaire ainsi que la totalité de mes études collégiales.


Quel genre d’élève étiez-vous ?
Comme élève, je suis à la fois enjoué et réservé. Au Petit Séminaire, je pratique quelques sports, dont le ballon-balai et le football, mais je ne m’implique pas beaucoup dans les activités parascolaires. Provenant d’un milieu moins favorisé que la majorité des élèves, lors de mon arrivée au Petit Séminaire de Québec, je me demande si j’y ai vraiment ma place. J’ai toutefois de bons résultats scolaires et, lors de la réception de mon premier bulletin, je réalise que j’ai des résultats similaires aux élèves les plus nantis de la classe. Je sens alors que j’ai ma place dans cette école. Je développe d’ailleurs de très belles amitiés avec plusieurs collègues qui sont encore mes meilleurs amis aujourd’hui.


Quand vous pensez à votre passage au Petit Séminaire, est-ce qu’un souvenir particulier émerge ?
Lorsque je repense à mon passage, une grande leçon de vie me revient. Lors d’un cours de français au collégial, je devais rédiger un bref essai. Le jour de la remise, j’avais complètement oublié de l’écrire. Je l’ai rédigé rapidement, en m’inspirant d’une courte nouvelle parue dans une revue à laquelle j’étais abonné.


L’enseignante, dont j’oublie le nom, a découvert le stratagème. Elle m’a donc demandé d’écrire un autre texte pour lequel je n’ai pas obtenu une bonne note, mais la sanction aurait pu être bien plus sévère. La compréhension dont celle-ci a fait preuve à l’égard de cet incident, qui ne représentait en aucun cas l’élève que j’étais habituellement, m’a touché. Cette leçon de vie que m’a offerte cette enseignante fut pour moi un acte de grande générosité. De cet évènement, j’ai appris, l’empathie, la compréhension de l’autre et surtout, j’ai appris qu’il ne fallait pas juger une situation trop rapidement. Aujourd’hui, je porte encore en moi cette grande leçon d’humilité et de compréhension de l’autre.


En accédant au Petit Séminaire de Québec, je suis sorti de ma zone de confort. J’ai forgé grandement ma capacité d’adaptation et j’ai appris à être plus compréhensif de la réalité d’autrui. Ce changement a donc fait une différence très positive dans ma vie.


Vous êtes aujourd’hui retraité d’une grande carrière en finances, cet intérêt est-il né d’une expérience au Petit Séminaire de Québec ou d’un enseignant qui vous aurait transmis sa passion ?
Lorsqu’arrive le choix des études post-collégiales, c’est un professeur de physique en secondaire V, monsieur Taillefer, qui me recommande, considérant mon bon instinct, de poursuivre des études en actuariat, un domaine que je ne connais nullement.


Et si mes habiletés mathématiques sont innées, mon intérêt pour l’économie se développe grâce à monsieur Mardomingo, professeur d’économie au collégial. Il me partage non seulement sa passion pour l’économie et... le soccer, mais il rend surtout l’économie intéressante et développe chez moi une curiosité envers les marchés financiers.


Vous avez décidé d’axer votre carrière vers les placements, pourquoi choisir ce domaine en particulier ?
Comme je l’ai dit précédemment, je choisis initialement de faire des études en sciences actuarielles à l’Université Laval ou je gradue en 1977 et j’obtiens mon diplôme de FICA en 1980. Mais, après quelques années de travail comme actuaire, je recherche davantage de créativité. Je décide donc d’orienter ma carrière vers les placements et poursuis une formation professionnelle comme analyste financier agréé (CFA). Je deviens alors le premier actuaire CFA au Canada en 1988.


Et après les études, quel parcours professionnel avez-vous emprunté ?
En sortant de l’université, en 1977, j’occupe un poste d’analyste au sein de la compagnie d’assurance vie La Solidarité à Québec et par la suite avec le Groupe Optimum. Quelques années plus tard, en 1982, toujours avec le Groupe Optimum, je déménage à Montréal et c’est là, avec M. Carmand Normand, que je m’initie réellement à la gestion de portefeuille et aux marchés financiers. En 1990, je joins le groupe ING et y occupe successivement les postes de vice-président et de directeur général des placements. Mes fonctions me poussent à déménager à Toronto pendant près de quatre ans, développant encore davantage ma capacité d’adaptation. Puis, en 1998, je me fais proposer la présidence de la filiale de gestion de portefeuilles à la Banque Nationale du Canada. Revenant vivre à Montréal, la réalité dépasse alors mes rêves. Mes responsabilités sont élargies grandement et je deviens un joueur clef de l’institution. Enfin, après avoir occupé plusieurs postes d’envergure à la Banque Nationale, c’est en 2008 que je reviens vivre à Québec et obtiens le poste de vice-président exécutif et chef des placements pour l’Industrielle Alliance. J’y travaille pendant plus de 11 ans et y termine ma carrière en juin 2019.


Vous êtes un important donateur du Collège François-de-Laval, pour quelles raisons cette implication est-elle importante à vos yeux ?
Je crois fermement en l’instruction. C’est ce qui fait qu’une société progresse, devient ouverte, plus tolérante et moderne. À mes yeux, c’est aussi le retour du balancier. Je veux que certains jeunes, issus de milieux familiaux moins favorisés financièrement, bénéficient de la même chance que moi et accèdent à l’éducation offerte par le Collège. J’applique le principe du « donner au suivant ».


Si vous aviez un conseil à donner à nos élèves, quel serait-il ?
Ayez des rêves, croyez-y et travaillez fort afin de les réaliser.