Sylvie Barma (promotion 1976 collégiale) - Femme de partage et de collaboration

02-03-2020

Finissante de la promotion 1976 collégiale au Petit Séminaire de Québec, madame Sylvie Barma est actuellement professeure titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation dans le domaine de la didactique des sciences. Biologiste de formation, Mme Barma enseigne les sciences pendant plus de 22 ans au Collège Jésus-Marie de Sillery et contribue notoirement, à l’occasion de la réforme des programmes scolaires de 2001, à la rédaction du nouveau programme de sciences et technologies.


Doctorante en didactique, Mme Barma est aujourd’hui directrice du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire basé à l’Université Laval. Investissant ses années de pratique, d’études et de recherches dans la formation des futurs enseignants, Mme Barma collabore à de nombreux projets, dont celui de rénovation des locaux de sciences du Collège François-de-Laval. Lauréate du Ruban d’Or 2020 - Excellence en éducation, Mme Barma nous livre aujourd’hui quelques points de vue et anecdotes sur son parcours.



Madame Barma, parlez-nous un peu de vous.
Je suis née à Montréal, mais j’ai grandi à Québec. Je suis l’aînée d’une famille de six enfants. Mon grand-père est un ancien du Petit Séminaire de Québec, tout comme l’un de mes frères et moi-même. Ma fille Marie-Sophie (promotion 2004) est également une ancienne. J’ai fait mes études primaires et secondaires au Collège Jésus-Marie avant de poursuivre au Petit Séminaire de Québec en 1974 afin de faire mes études collégiales.


Quel genre d’élève étiez-vous ?
À mon arrivée au Petit Séminaire de Québec, je suis la plus jeune de ma classe car, étant une excellente élève, on m’avait autorisé à sauter deux années. Lors de mes études, je suis très impliquée. Je participe à la vie politique de l’école, je suis dans l’équipe de ballon-balai et joue dans plusieurs productions théâtrales.


Quand vous pensez à votre passage au Petit Séminaire, est-ce qu’un souvenir particulier émerge ?
Les enseignants étaient extraordinaires. J’aimais particulièrement mes cours de philosophie avec l’abbé Gariépy. Au-delà des matières enseignées, c’est la vie parascolaire à laquelle je pense, dont notamment les pièces de théâtre à la salle des Promotions. Je me souviens d’une pièce écrite par Mme Chrystine Brouillet (promotion 1977 collégiale), qui était un an plus jeune que moi, dans laquelle j’avais décroché le premier rôle. Le Petit Séminaire nous permettait de garder un bel équilibre dans toutes les facettes de notre vie. Mon passage au collégial représente les deux plus belles années de ma vie. J’avais toujours envie d’y aller !


Vous êtes aujourd’hui professeur titulaire en didactique des sciences, quel parcours avez-vous emprunté pour devenir la professionnelle que vous êtes aujourd’hui ?
À la fin de mes études collégiales, j’étais ambivalente entre les lettres et les sciences. J’ai toutefois choisi d’étudier en sciences et j’ai donc complété un baccalauréat en biologie. Une fois le baccalauréat achevé, mon cœur balançait à nouveau, mais cette fois-ci entre le travail en laboratoire et l’enseignement. Mon choix s’est arrêté sur l’enseignement. J’ai complété un certificat en enseignement collégial et ai débuté ma carrière comme enseignante de sciences au Collège Jésus-Marie. J’y ai enseigné la chimie, la physique, l’écologie et la biologie pendant 22 ans. En parallèle de mon poste d’enseignante, le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) m’a confié le mandat de former les enseignants d’écoles privées quant aux nouvelles approches en enseignement des sciences. Quelques années plus tard, dans le cadre de la réforme des programmes scolaires, j’ai de nouveau travaillé avec le MELS et à la rédaction du nouveau programme d’études en Science et technologie du secondaire.


À 45 ans, je fais le choix audacieux de retourner sur les bancs d’école afin de compléter une maîtrise et un doctorat en didactique. J’ai alors quitté le Collège Jésus-Marie et j’ai débuté une carrière comme chargée de cours à l’Université Laval, en didactique des sciences, tout en poursuivant mon travail comme rédactrice au sein de l’équipe du Projet d’Intégration des Sciences et Technologies en Enseignement au Secondaire.


Aujourd’hui, je suis professeure titulaire au sein du Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de l’Université Laval. J’ai développé mon propre champ de recherche et me suis spécialisée dans la gestion du changement. J’investis mes années de pratique, d’études et de recherche dans la formation des futurs enseignants de sciences.


Vous êtes impliquée auprès du Collège François-de-Laval, pouvez-vous me parler de certains de vos projets ?
À l’occasion du projet de rénovation des locaux de sciences, les enseignants m’ont approché afin de conceptualiser une nouvelle organisation des locaux. J’ai participé activement aux discussions entourant la configuration des laboratoires. Grâce à des subventions, je fais présentement de la recherche avec des enseignants et des élèves du Collège au sujet des changements climatiques et de la légalisation du cannabis. Plusieurs de mes publications ont obtenu une portée internationale. Le Collège François-de-Laval est un milieu exemplaire de collaboration.


Pourquoi est-ce important pour vous de redonner au Collège François-de-Laval?
Parce que mes années passées au Petit Séminaire de Québec furent extraordinaires et parce que je suis fière de voir l’évolution du Collège. L’école est un organisme vivant qui se développe et je suis heureuse de constater que le Collège a su s’adapter de manière extraordinaire à la société numérique d’aujourd’hui, aux changements des générations.


Si vous aviez un conseil à donner à nos élèves, quel serait-il ?
Ce qui fait qu’on aime l’école, c’est qu’on la considère comme un milieu de vie. Impliquez-vous, au-delà des cours eux-mêmes. N’ayez pas peur de faire entendre votre voix de manière constructive, mais gardez à l’esprit d’agir en respect des générations qui vous ont précédés.