Stéphan La Roche (promotion 1984) - Catalyseur de culture

25-03-2020

Finissant de la promotion 1986 collégiale, monsieur Stéphan La Roche fait ses études secondaires et collégiales au Petit Séminaire de Québec et y développe un fort intérêt pour la culture, les arts et le patrimoine. Complétant une formation en droit, il retourne après quelques années de pratique vers sa passion première : la culture. Il enchaîne alors les postes au Ministère de la Culture et des Communications, au Conseil des arts et des lettres du Québec, à la SODEC, puis à la Délégation générale du Québec à Paris, sans oublier le Palais Montcalm. Aujourd’hui président-directeur général du Musée de la civilisation, monsieur La Roche se démarque par sa volonté de contribuer au développement et au rayonnement des arts et de la culture dans une perspective sociétale. Lauréat du Ruban d’Or 2020 – Hommage à la carrière, M. La Roche nous livre aujourd’hui quelques points de vue et anecdotes sur son parcours.



Monsieur La Roche, parlez-nous un peu de vous.
Je suis né à Charny, en banlieue de Québec. Je suis le dernier d’une famille de quatre enfants, composée de deux garçons et de deux filles. Après avoir complété mon primaire à Charny, j’ai la chance de poursuivre mes études secondaires dans un établissement qui m’a ébloui par la beauté des lieux : c’est d’abord pour cette raison que j’ai choisi d’étudier au Petit Séminaire de Québec.


Quel genre d’élève étiez-vous ?
À mon arrivée au Petit Séminaire, je suis un élève sage, plutôt effacé et surtout concentré sur mes études. Ma personnalité se forge au gré de mes implications. En 3e secondaire, je commence le théâtre étudiant avec l’abbé Gagné, je m’implique auprès du journal étudiant et je travaille pour l’association Publitek chargée de créer des affiches pour annoncer les diverses activités se déroulant à l’école. En 4e secondaire, je joins l’équipe de Génies en herbe et j’y développe des amitiés sincères, mais surtout, je me bâtis une vaste culture générale. Rendu au collégial, je continue le théâtre. Je suis également élu vice-président sur le Conseil étudiant où j’ai le plaisir de connaître monsieur Jean-Yves Duclos (promotion 1984C). Mes années collégiales demeurent parmi les plus belles années de ma vie. Les professeurs sont extraordinaires et les voyages que j’ai eu la chance d’y vivre (Grèce en 1985 et Vancouver et Ouest canadien en 1986) sont riches et formateurs. Je vis des années d’ouverture sur le monde, sur la société et sur la culture.


Quand vous pensez à votre passage au Petit Séminaire, est-ce qu’un souvenir particulier émerge ?
Le premier souvenir qui émerge est celui du gigantesque sapin de Noël magnifiquement décoré et illuminé, qui se trouvait au cœur de l’immense escalier en colimaçon de la résidence des prêtres. L’escalier nous permettait d’observer le sapin sous tous ses angles et c’était proprement magique et très impressionnant !


En y pensant davantage, mon passage au Petit Séminaire est grandement marqué par mon accession à l’équipe de Génies en herbe en 4e secondaire. Nous avions des périodes d’entraînement et de nombreuses rencontres afin de nous préparer pour les compétitions. Notre travail acharné nous aura permis, deux années consécutives, de nous rendre à la finale télévisée du tournoi. J’y ai développé une grande rigueur et surtout, mon passage dans l’équipe de Génies en herbe m’a permis de tisser des liens solides. À titre d’exemple, je suis devenu le parrain de l’une des filles de Stéphane Rochette (promotion 1984 secondaire), un des membres de l’équipe de l’époque.


Vous faites carrière dans le domaine de la culture, votre intérêt pour ce domaine est-il né d’une expérience au Petit Séminaire de Québec ou d’un enseignant qui vous aurait transmis sa passion ?
Mon intérêt est né au Petit Séminaire de Québec. Mes parents étaient des gens très ouverts et curieux et ils m’ont permis de développer une grande ouverture d’esprit. Toutefois, mon intérêt pour la culture, le patrimoine et l’histoire s’est forgé surtout au Petit Séminaire. Ce sont les professeurs comme les abbés Lucien Godbout et Marc Caron, les activités parascolaires, les cours et les voyages qui ont permis mon éveil culturel et mon ouverture sur le monde.


Vous êtes aujourd’hui président-directeur général du Musée de la civilisation, quel parcours avez-vous emprunté pour devenir le professionnel que vous êtes aujourd’hui?
Lorsque j’obtiens mon diplôme du Petit Séminaire de Québec, je songe à m’inscrire au Conservatoire d’art dramatique de Québec. Cependant, en bon fils suivant les recommandations parentales, je choisis de faire des études en droit à l’Université Laval et entame une carrière d’avocat au sein du Conseil du Trésor. J’y pratique pendant plus de deux ans comme plaideur, mais perds malheureusement mon emploi en raison de la conjoncture économique difficile du début des années 90. Peu de temps après, la vie met sur mon chemin le député André Boulerice que j’avais connu en participant au Parlement étudiant à trois reprises. Celui-ci me propose un poste comme assistant parlementaire. Deux ans après mon arrivée au sein de la fonction publique, je deviens directeur de cabinet adjoint à l’Assemblée nationale, puis directeur du cabinet au Ministère de la Culture et des Communications. Je réalise alors que la valorisation de la culture est ma véritable vocation. J’enchaîne ensuite divers postes importants au Conseil des arts et des lettres du Québec, à la SODEC, puis à la Délégation générale du Québec à Paris et au Palais Montcalm comme directeur général, au moment de sa relance.


Depuis 2015, j’occupe le poste de président-directeur général du Musée de la civilisation. Mon travail est de développer un lieu de référence crédible, témoin du temps présent et passé, qui offre aux générations futures une conscience élargie de l’histoire et de la société.


Vous êtes impliqué dans plusieurs projets, dont le projet de transformation du Musée de l’Amérique francophone. Pourquoi ce projet vous tient-il tant à cœur?
Je trouve qu’il est important de parler du rôle qu’a eu le Séminaire de Québec en tant que l’une des premières institutions d’enseignement en Nouvelle-France. Il faut démontrer que l’éducation est un des fondements de la société. Une formation générale solide crée une société ouverte, innovante et exemplaire. La mise en valeur des collections du Séminaire de Québec, qui représentent plus de 225 000 éléments (instruments scientifiques, animaux naturalisés, beaux-arts, ethnologie, mobilier, bibliothèque de livres rares et des archives fabuleuses classées Mémoire du Monde par l’UNESCO !), constitue un des projets phares de ma carrière. En tant qu’ancien, il m’est important de redonner à ce lieu où tout a commencé.


Pourquoi est-ce important pour vous de redonner au Collège François-de-Laval?
Mon passage au Petit Séminaire de Québec constitue la bougie d’allumage de mon parcours professionnel. Je dois au Petit Séminaire ma curiosité, ma volonté d’innover et mon désir de redonner à la communauté. Pourquoi ne pas commencer par redonner à mon alma mater?


Si vous aviez un conseil à donner à nos élèves, quel serait-il ?
Soyez vous-même. Ne cherchez pas à copier ou à imiter les autres. Pour mener une vie satisfaisante et être heur
eux, il faut se connaître soi-même, se respecter, se faire confiance et s’investir. Il faut découvrir ses talents et s’en servir à bon escient.